La direction de la Société Générale a décidé de réduire le télétravail, au nom de la performance et de la cohésion des équipes.

L’expertise indépendante du cabinet SECAFI, présentée au CSEC en avril 2026 raconte une toute autre réalité : désaccord massif des salariés, impacts concrets sur les conditions de travail, absence de justification solide.

Derrière le discours officiel, les chiffres sont sans appel.

Un revirement sans fondement solide

En 2021, le télétravail était au cœur de la stratégie RH : attractivité, fidélisation, équilibre de vie.

En 2026, la direction justifie sa réduction par la performance. Pourtant, l’expertise souligne que la baisse du télétravail n’est pas étayée par des données probantes sur la productivité ou l’efficacité collective.

Des salariés massivement opposés

Les chiffres issus de la consultation sont sans ambiguïté :

  • 22 052 salariés ont participé, soit 55 % des effectifs,
  • 54 % des répondants estiment que 2 jours de télétravail par semaine sont nécessaires,
  • plus d’1 salarié sur 2 indique que le télétravail a été déterminant pour rester dans l’entreprise.

Chez les salariés récemment embauchés, ce critère est encore plus marqué, confirmant que le télétravail est devenu un standard du marché du travail.

Des conséquences concrètes et mesurables

La réduction du télétravail a un impact direct sur le quotidien :

  • des temps de trajet moyens pouvant atteindre plus de 2 heures aller-retour,
  • jusqu’à 3 heures ou plus selon les sites,
  • une base d’analyse portant sur plus de 22 400 salariés.

Ces contraintes se traduisent par :

  • fatigue accrue,
  • perte de temps personnel,
  • coûts supplémentaires pour les salariés.

Par ailleurs, l’expertise fait état :

  • de 57 % des répondants exprimant des incertitudes ou des difficultés d’adaptation,
  • de signaux de désengagement et de risque de départ.

Un mauvais diagnostic

L’expertise identifie clairement les véritables leviers d’efficacité :

  • simplification des processus,
  • amélioration des outils,
  • fluidité des décisions.

Elle souligne que la performance dépend d’abord de l’organisation du travail, et non du nombre de jours passés sur site.

Nos propositions

FO Société Générale défend une organisation du travail fondée sur des faits :

  • 2 à 3 jours de télétravail par semaine.
  • Des règles adaptées aux métiers.
  • Une compensation des trajets.
  • Des outils et des processus efficaces.
  • Un suivi réel des impacts.

La réduction du télétravail est une décision à risque.

Nous sommes en 2026 : il est temps de vivre et travailler avec son temps.

FO Société Générale demande l’ouverture de discussions pour construire une organisation du travail efficace, équilibrée et durable, fondée sur la réalité du terrain.