Les salariés de la Société Générale occupent une place centrale dans l’actionnariat du Groupe. À travers les dispositifs d’épargne salariale, ils détiennent une part significative du capital (9,11 % au 31 décembre 2025 selon les données publiées par l’entreprise).
Mais leur influence ne s’arrête pas là.
En conservant leurs actions dans la durée, les salariés acquièrent des droits de vote renforcés, leur donnant un levier réel pour peser sur les décisions lors de l’Assemblée générale du 27 mai 2026, bien au-delà de leur part au capital.
Un levier démocratique à utiliser
Dans un contexte où de nombreuses attentes restent sans réponse notamment sur les salaires, les conditions de travail et l’emploi; cette Assemblée générale constitue un moment clé.
C’est l’occasion, pour les salariés actionnaires :
- d’exprimer clairement leur position,
- de peser sur les décisions stratégiques,
- et d’envoyer un signal fort à la direction.
Le vote en Assemblée générale n’est pas une formalité. C’est un acte concret de gouvernance.
Des résultats élevés… mais des choix contestables
L’exercice 2025 confirme la solidité financière du Groupe, avec des résultats en forte progression.
Pour autant, les orientations retenues interrogent :
- une part importante des bénéfices est redistribuée aux actionnaires,
- les politiques salariales restent contraintes,
- les équipes subissent restructurations et pressions organisationnelles.
Ce décalage entre performances financières et reconnaissance des salariés pose une question de fond : Quelle répartition de la valeur au sein de l’entreprise ?
Rémunérations des dirigeants : une ligne rouge franchie
FO Société Générale alerte sur l’évolution des politiques de rémunération des dirigeants.
Plusieurs constats :
- des niveaux de rémunération élevés,
- des hausses significatives envisagées,
- des mécanismes de bonus complexes, parfois peu lisibles,
- une part de critères subjectifs pouvant maintenir des rémunérations élevées indépendamment des impacts sociaux.
Dans le même temps, les salariés se voient demander des efforts continus et on leur retire des acquis sociaux comme le télétravail.
L’exigence de cohérence doit s’appliquer à tous les niveaux de l’entreprise.
Gouvernance et partage de l’effort
Certaines décisions proposées lors de cette Assemblée traduisent une continuité dans les orientations actuelles :
- augmentation des enveloppes dédiées aux instances de gouvernance,
- maintien de dispositifs favorables au capital,
- absence de rééquilibrage en faveur du travail.
FO rappelle un principe simple :
L’effort ne peut pas être demandé uniquement aux salariés.
Agir concrètement
Chaque salarié actionnaire peut :
- voter directement via les outils mis à disposition,
- ou donner pouvoir à un représentant pour porter sa voix.
Se mobiliser, c’est :
- peser sur les décisions,
- défendre une autre vision de l’entreprise,
- exiger un meilleur équilibre entre performance économique et justice sociale.
Notre position
FO Société Générale appelle à une analyse attentive des résolutions soumises au vote et invite les salariés actionnaires à :
- soutenir les résolutions purement techniques ou de conformité,
- s’opposer à celles qui accentuent les déséquilibres en matière de rémunération ou de partage de la valeur,
- exprimer une position claire sur les orientations de gouvernance.
L’Assemblée générale du 27 mai 2026 ne doit pas être un simple rendez-vous formel.
C’est un moment démocratique essentiel.
Les salariés actionnaires ont les moyens de se faire entendre.
Encore faut-il s’en saisir.


