Le 8 mars arrive, les messages se multiplient, les engagements sont réaffirmés, les entreprises rappellent leurs progrès en matière d’égalité professionnelle. Pendant une journée, tout semble aller dans le bon sens.

Puis le 9 mars arrive.
Et les écarts, eux, sont toujours là.

Car contrairement aux slogans, les chiffres ne prennent jamais de pause.

Une inégalité bien réelle

En France, les femmes perçoivent encore 22,2 % de revenus salariaux annuels en moins que les hommes dans le secteur privé, et 14,2 % de moins à temps de travail comparable (INSEE).

Ces écarts ne relèvent pas d’une différence de compétence ou d’engagement. Ils s’expliquent principalement par des mécanismes bien identifiés :

  • promotions plus tardives,

  • accès plus limité aux postes à forte rémunération,

  • différences dans les parts variables,

  • temps partiel plus fréquent,

  • ralentissements de carrière liés à la parentalité.

Aujourd’hui encore, près de 8 salariés à temps partiel sur 10 sont des femmes, ce qui impacte directement les revenus… et plus tard les retraites.

Résultat : les pensions des femmes restent en moyenne environ 40 % inférieures à celles des hommes (DREES).

À partir de novembre, les femmes travaillent symboliquement gratuitement

Une date illustre concrètement cette situation.

En France, à partir du 10 novembre vers 11h30, les femmes travaillent symboliquement gratuitement jusqu’à la fin de l’année si leurs revenus sont comparés à ceux des hommes.

Deux mois entiers.

Un symbole fort, mais surtout la traduction statistique d’inégalités construites tout au long des carrières.

Le paradoxe bancaire : majoritaires… mais moins visibles en haut

Le secteur bancaire présente un paradoxe frappant.

  • 57 % des salariés des banques sont des femmes,

  • près d’un cadre sur deux est une femme.

Mais dans les fonctions dirigeantes, la situation change nettement :

  • les femmes représentent environ 18 % des postes exécutifs dans les banques européennes (Autorité bancaire européenne).

Conséquence directe : dans le secteur financier, l’écart de rémunération moyen reste supérieur à celui observé dans de nombreux autres secteurs, atteignant plus de 24 % dans certaines activités.

Autrement dit : un secteur féminisé dans ses effectifs… mais encore très masculin là où se concentrent les décisions et les rémunérations les plus élevées.

Un enjeu pour toutes et tous

L’égalité salariale n’oppose pas les femmes aux hommes.

Quand la progression de carrière dépend d’une disponibilité permanente, quand la charge de travail devient incompatible avec la vie personnelle, quand la reconnaissance repose davantage sur la présence que sur la performance réelle, ce sont tous les salariés qui en subissent les conséquences.

Améliorer l’égalité professionnelle, c’est aussi :

  • rendre les règles plus transparentes,

  • sécuriser les parcours professionnels,

  • améliorer l’équilibre vie privée / vie professionnelle,

  • renforcer la justice sociale au travail.

Le 8 mars : un rappel utile… mais insuffisant

Dans un secteur bancaire en transformation permanente : digitalisation, restructurations, pression commerciale accrue; les inégalités peuvent se renforcer si elles ne sont pas activement corrigées.

Et non, une campagne de communication annuelle ne suffit pas à compenser des écarts construits sur des années.

Les revendications FO Société Générale

FO demande des mesures concrètes et mesurables :

✅ Transparence complète sur les rémunérations fixes et variables
✅ Analyse annuelle des écarts par métier et niveau hiérarchique
✅ Garantie d’évolution professionnelle après congé maternité ou parental
✅ Accès équitable aux postes à responsabilité
✅ Organisation du travail compatible avec la vie personnelle
✅ Évaluation basée sur le travail réel, pas sur la disponibilité permanente

L’égalité ne se proclame pas, elle se construit.

Les progrès existent, mais leur rythme reste insuffisant face aux réalités vécues par les salariés.

Tant que l’égalité salariale restera symboliquement inachevée, le sujet ne pourra être considéré comme réglé.

FO Société Générale continuera d’agir pour une égalité réelle et concrète, non pas en opposant les femmes et les hommes, mais en défendant des règles plus justes pour l’ensemble des salariés.

Et peut-être qu’un jour, le 8 mars deviendra inutile.
Ce jour-là, nous saurons que l’égalité sera enfin devenue une évidence.

Des questions ? contact@fosg.net