Le 15 décembre 2025, Société Générale a signé un accord sur l’évolution des métiers, des compétences et de l’emploi (GEPP) avec plusieurs organisations syndicales représentatives (CFDT, CFTC, SNB).
FO n’étant pas représentative à Société Générale, FO n’était pas signataire.
Mais à la lecture du texte, FO considère clairement qu’elle ne l’aurait pas signé en l’état.
Pourquoi ? Parce que cet accord organise la transformation… sans apporter suffisamment de garanties concrètes pour les salariés.
Une transformation qui repose surtout sur les salariés
L’accord met au cœur du dispositif la mobilité et le développement de l’“employabilité”.
Chaque salarié est invité à devenir acteur de son évolution professionnelle, notamment via la mobilité interne et la montée en compétences.
Anticiper les évolutions des métiers est nécessaire.
Mais pour FO, un accord emploi doit d’abord sécuriser les parcours, pas seulement accompagner les changements.
La mobilité devient la réponse principale
Le texte introduit une organisation des emplois entre métiers “en tension” et métiers “en attrition”, c’est-à-dire appelés à diminuer.
Concrètement, cela signifie davantage de repositionnements professionnels et potentiellement plus de mobilités.
Or, dans d’autres banques, la mobilité est davantage encadrée.
Au sein du groupe BPCE, l’accord GEPP récent prévoit des parcours métiers structurés et un accompagnement formalisé des évolutions professionnelles, afin de sécuriser les transitions plutôt que de les subir.
(Source officielle BPCE : newsroom.groupebpce.fr)
Ce que FO défend :
- priorité aux solutions locales,
- accompagnement renforcé avant toute mobilité,
- mobilité réellement choisie.
Peu d’engagements mesurables sur l’emploi
L’accord SG affirme vouloir éviter le recours à des départs collectifs, mais sans objectifs précis ni indicateurs publics sur l’évolution des effectifs.
Chez BNP Paribas, les accords GEPP servent explicitement de cadre social pour accompagner les transformations et organiser la gestion des parcours professionnels dans la durée.
(Source : accord GEPP Groupe BNP Paribas France)
Ce que FO propose :
- suivi transparent des effectifs par métiers,
- engagements vérifiables sur la gestion des transformations,
- priorité réelle à la reconversion interne.
IA et digital : encore trop théorique
L’accord prévoit que les évolutions technologiques et l’intelligence artificielle soient discutées dans les instances de dialogue stratégique.
Mais aucune obligation précise d’étude d’impact emploi n’est définie.
Le groupe BPCE a intégré un volet spécifique sur l’intelligence artificielle dans son accord GEPP, avec un dialogue social dédié et un accompagnement RH annoncé.
(Source officielle BPCE)
Pour FO, il faut :
- une étude d’impact métiers avant chaque projet majeur,
- un plan de formation prioritaire,
- un suivi concret des effets sur l’emploi.
Salariés expérimentés : mieux protéger les fins de carrière
L’accord prévoit des dispositifs pour les salariés expérimentés, notamment autour de la formation et de la fin de carrière.
Mais FO estime que cela reste insuffisant face aux transformations rapides.
Dans d’autres groupes comme BPCE, la gestion des parcours des collaborateurs expérimentés constitue un axe spécifique de l’accord GEPP.
FO défend :
- aucune mobilité imposée en fin de carrière,
- valorisation des expertises,
- évolution possible sans obligation de management.
Oui, les métiers bancaires évoluent.
Oui, il faut anticiper.
Mais transformer ne doit pas signifier fragiliser.
Un accord GEPP équilibré doit protéger l’emploi autant qu’il prépare l’avenir. C’est pour cette raison que FO considère qu’elle ne l’aurait pas signé en l’état.
FO continuera de porter des propositions pour que les transformations à venir se construisent avec les salariés, et non à leurs dépens.
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